In the summer of 2025, I was invited by 'La Filature du Mazel' to work on the theme of ‘Resistance’ in the heart of the Aigoual Forest, in the Cévennes mountains (southern France).

I envisioned this dense, isolated forest as a hideout, roaming around the historic retreats of the 'Maquis' fighters of World War II (1943–1944), the “Desert Assemblies” where the Huguenots — french protestants — prayed in secret (17th–18th centuries), or even around the meeting places of the Camisards protestant soldiers (1702–1703), and the discreet sleeping lairs of nowadays’ forest animals.

I also met Valter Soulier, 105 years old, the last living member of the 'Maquis de l’Aigoual', who told me about his ambushes in the folds of the mountain and his fight for freedom. I photographed him as if he was a mysterious landscape, just before his clear, mischievous eyes closed, two months after our meeting.

The forest is a space of constant renewal. Trees grow, age, fall, and are reborn endlessly, forming a layered continuum of organic and mineral matter. Century after century, layers of a history of secrecy and resistance — both human and animal — have also settled in the Aigoual Forest.

Photography, which knows that a landscape is the sum of the visible and the invisible, has allowed me to see this forest in the continuous past.

Maquis

A l’été 2025, j’ai été invitée par la La Filature du Mazel à travailler sur le thème "Résister", au cœur de la Forêt de l’Aigoual, dans les Cévennes.

J’ai envisagé cette forêt épaisse et isolée comme une planque, en rôdant autour des cachettes historiques des Maquisards de la Seconde Guerre mondiale (1943-1944), des "Assemblées du Désert" où les Huguenots priaient en secret (17-18e siècles), ou encore autour des lieux de réunion des Camisards (1702-1703) et des couches discrètes d'animaux forestiers d’aujourd’hui.

J’ai aussi rencontré Valter Soulier, 105 ans, dernier membre vivant du Maquis de l’Aigoual, qui m’a raconté ses embuscades dans les plis de la montagne, et son combat pour la liberté. Je l’ai photographié tel un paysage mystérieux, avant que ses yeux clairs et facétieux ne se ferment, deux mois après notre rencontre.

L’espace de la forêt est celui du renouvellement permanent. Les arbres y poussent, vieillissent, s’effondrent et renaissent à l’infini, formant un continuum stratifié, organique et minéral. Siècle après siècle se sont aussi déposées dans la forêt de l’Aigoual les couches d’une histoire de la clandestinité et de la résistance, humaine et animale.

La photographie, qui sait qu’un paysage est la somme du visible et de l’invisible, m’a donné à voir cette forêt en passé continu.

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Seconde Peau